* Imprimer

Lire la Bible

Cliquez les mots soulignés pour faire ouvrire une fênetre avec le verset ou passage approprié de la Bible Louis Segond.

Ou, cliquez ici pour avoir la table de matières pour la Bible entière dans une nouvelle fênetre.

Commentaires?

Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

1 Timothée 2:9-15

Hommes et Femmes dans l'église (3)

Ce matin, nous continuons dans notre série "Hommes et Femmes dans l'église". Nous arrivons au troisième message et nous allons aborder un passage qui est fort controversé. Lisons ensemble 1 Timothée 2:1-15. Nous allons nous concentrer sur les versets 9 à 15 qui parlent de comment une femme doit se comporter et quelles sont les limites à ce qu'elle peut faire dans l'église. L'église d'Ephèse était une église troublée, avec pas mal de problèmes personnels. Paul répond à ces problèmes dans sa lettre écrite au pasteur de l'église - un jeune homme qui s'appelait Timothée. Les épitres de 1 & 2 Timothée sont des lettres adressées à Timothée, avec des instructions à propos de comment diriger l'église.

Notre point de départ

Avant de nous lancer dans le passage, il me semble qu'il vaut la peine de prendre quelques minutes pour établir notre point de départ pour cette discussion au sujet des hommes et des femmes dans l'église.

Premièrement, comme je vous l’ai déjà dit, devant Dieu, hommes et femmes sont égaux. Ils ont la même valeur et la même dignité devant leur créateur. L'un n'est pas mieux que l'autre. Ceci est très important à retenir dans ce que nous regardons aujourd'hui. Certains se sont servis de ces versets pour écraser les femmes, les faire taire et leur refuser une place et un ministère dans l'église. Il faut dire, tout simplement, que cela n'est pas acceptable.

Deuxièmement, la bible nous enseigne qu'entre homme et femme, il y a une relation hiérarchique, avec l'homme comme autorité sur la femme. Nous trouvons cette notion dans Genèse 2 et Paul revient à ce sujet au verset 13. Qu'il y ait une relation hiérarchique entre homme et femme ne nie pas l'égalité de la femme et l'homme. Elle implique cependant qu'ils ont des rôles différents à remplir dans l'église et dans le couple.

Troisièmement, il nous faut toujours de l'humilité quand nous nous trouvons face à un passage difficile tel que nous venons de lire. Dans le monde chrétien évangélique, il y a toujours une grande discussion sur comment interpréter et appliquer les versets que nous venons de lire. Nous devons rester conscients du fait qu'il est possible d'être des bons chrétiens *et* d’avoir des idées différentes sur comment interpréter ce passage, et comment l'appliquer à la vie de l'église.

Ce que je vous présente ce matin, c'est le fruit de mon travail sur ce passage. J'aurais pu passer encore des heures dans mes études. Comme dans toute discussion, il arrive un moment pour fermer les livres, prendre position et dire ce qu'on pense. C'est cela que je fais ce matin. Je vais vous présenter une explication et interprétation du passage et je vais vous donner une idée de comment nous pouvons le mettre en pratique dans l'église. Cela va, évidemment, avoir des implications pour la vie de notre communauté, puisque je vous parle en tant que pasteur, responsable pour l'enseignement et la direction de l'église. Cependant, ce que j'ai à vous dire ce matin n'est pas le dernier mot que l'on puisse dire à ce sujet. Je n'ai pas le temps, ce matin, qu'il faudrait pour vous exposer toutes les possibilités d'interprétation et d'application qui ont été proposées depuis le moment où Paul a écrit sa lettre. Il est possible que, à la fin du message, vous ne soyez pas 100% d’accord avec ce que je vous ai dit. Si quelqu'un ou quelqu'une veut proposer une interprétation et application différente de ce que je vous présente ce matin, venez me voir, nous boirons un café (ou un coca-light) ensemble et nous en discuterons. J'ai toujours besoin d'apprendre aussi!

Ce qu'il ne faut pas faire en discutant, c'est mettre en question la spiritualité ou le salut de l'autre. Malheureusement, il y a une tendance à arriver à cela, quand les chrétiens ne sont pas d’accord les uns avec les autres. Cependant, je crois fermement qu'il est bon que nous discutions et que nous nous posions des questions dans l'église. Comme il est écrit dans Proverbes 27:17 "Le fer aiguise le fer, le contact avec autrui affine l'esprit de l'homme."

Un mot sur l'interprétation

Pour interpréter et appliquer n'importe quel passage de la bible, il faut le comprendre - les mots utilisés, la composition des phrases et le sens de l'argument, entre autres. Il faut aussi comprendre sa situation. Le problème est que, dans les lettres de l'Apôtre Paul, il n'est pas toujours facile de reconstruire la situation exacte qui a provoqué ses écrits. L'église savait ce qui se passait. Paul savait ce qui se passait. Pour nous, c'est beaucoup plus difficile. Nous avons un recul de presque 2000 ans et nous ne connaissons ni l'église, ni la situation dans laquelle elle se trouvait. Dans les épîtres de Paul à Timothée, il y a des indices de ce qui s’y passait, mais, il n'y a pas de déclaration claire du problème auquel Paul s'adresse. Nous avançons alors avec une certaine hésitation, et avec le désir de ne pas trop dire ou d’aller au-delà de ce qui est clair dans les paroles de Paul.

Ephèse - une église troublée

L'église de la ville d'Ephèse a été implantée par l'Apôtre Paul, lors de son troisième voyage missionnaire. Il y est resté à peu près 3 ans pour enseigner l'église. A son départ, Paul a laissé son assistant Timothée pour s'occuper de la nouvelle église. Il semble qu'il y en avait certains dans l'église qui s'opposaient à Paul et qui enseignaient mal la communauté. Ils ont mis de côté les enseignements de Paul et ils ont commencé à introduire des nouvelles idées. A cause de l'erreur dans l'église et de l'effet destructeur de ces nouveaux enseignements, Paul envoie une lettre à Timothée lui expliquant comment faire face aux problèmes de l'église et comment ramener de l'ordre dans une situation difficile.

Un des problèmes à Ephèse était, selon le premier chapitre, l'enseignement "d'autres doctrines... qui produisent des discussions plutôt qu'elles n'avancent l'œuvre de Dieu dans la foi." A partir du verset 17 du même chapitre, Paul dit: "Le commandement que je t'adresse, Timothée, mon enfant…c'est que… tu combattes le bon combat, en gardant la foi et une bonne conscience. Cette conscience, quelques-uns l'ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi."

Nous voyons, au chapitre 6, ce que Paul pense de ceux qui donnent un mauvais enseignement à Ephèse: "Si quelqu'un enseigne de fausses doctrines, et ne s'attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d'orgueil, il ne sait rien, et il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d'où naissent l'envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions..." Il y avait de grands problèmes à Ephèse, dont les effets sont visibles à travers ce que Paul dit à Timothée.

Les cultes dérangés - Chapitre 2

Dans le chapitre 2, nous lisons les conseils de Paul en ce qui concerne comment les cultes doivent se dérouler. Apparemment, les faux enseignements provoquaient des dérangements lors des assemblées de l'église pour la louange, la prière et l'enseignement de la parole de Dieu. C'est à la fin du chapitre, du verset 8 au verset 15, que Paul s'adresse aux hommes et femmes de l'église.

Le comportement des hommes

Paul s'attend à ce qu'il y ait de la prière pendant un culte. Peut-être je vous dis ce qui est déjà évident, mais il semble, quand même, qu'il y avait un problème à Ephèse. Du verset 1 au verset 7, Paul parle de l'importance de la prière lors du culte. Puis il dit au verset 8: "Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni mauvaises pensées."

Nous nous demandons presque toute de suite "Quel était le comportement des hommes à Ephèse pour que Paul doive parler ainsi?" Nous pouvons supposer que les hommes priaient à Ephèse, mais il semble que leur manière de prier n'était pas exemplaire. Nous pouvons poser quelques questions à propos de ce qu'ils faisaient. Est-ce qu'il y avait des hommes qui venaient avec une mauvaise attitude envers les autres? C'est là le sens de la phrase "des mains pures" - une phrase qui nous rappelle peut-être le Psaume 24: "Qui pourra monter à la montagne de l'Éternel? Qui s'élèvera jusqu'à son lieu saint? Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur." Est-ce qu'il y avait des hommes qui se disputaient, l'un contre l'autre dans l'église, lors même du culte? Est-ce qu'il y avait des hommes qui se servaient du moment de prière pour critiquer d'autres personnes?

Encore une fois, nous ne savons pas exactement ce qui se produisait dans l'église et il ne faut pas trop spéculer, mais quand même les paroles de Paul doivent nous faire arrêter un instant. Je ne veux pas suggérer que nous avons de tels problèmes dans notre église. Loin de là ! Mais si c'est arrivé à Ephèse et que, par conséquent, Paul a dû corriger les hommes de l'église pour leur façon d’agir dans le culte, nous devons en prendre note. Cela pourrait arriver chez nous, si nous ne veillons pas sur nous-mêmes, si nous ne nous attachons pas "aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété", selon ce que nous avons déjà lu au chapitre 6. C'est certain que, dans ce verset, Paul parle également aux femmes de l'église. Nous ne pouvons pas supposer que Paul donne carte blanche aux femmes de prier n'importe comment. Mais les femmes manifestaient un autre problème.

Le comportement des femmes

Aux versets 9 & 10, Paul dit "Je veux aussi que les femmes, vêtues d'une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d'or, ni de perles, ni d'habits somptueux, mais qu'elles se parent de bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu." Dans ces versets, Paul dit, tout simplement, que ce n'est pas les habits que nous portons qui sont importants, c'est notre cœur. Il n'est pas contre la beauté, ni les bijoux, il ne suggère pas que les femmes doivent venir à l'église en haillons. Mais elles doivent prêter attention à ne pas se montrer par leur façon de s'habiller. Ceci nous rappelle peut-être ce que Dieu a dit à Samuel dans l'Ancien Testament: "L'Eternel ne considère pas ce que l'homme considère; l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Eternel regarde au cœur."

C'est quand nous arrivons au verset 11 que les choses commencent à devenir plus intéressantes et plus épineuses. Lisons du verset 11 au verset 15, encore une fois. Quatre versets pleins à craquer de choses sur lesquelles nous pouvons poser des questions. Si nous prenons le sens clair des mots, nous allons arriver à une certaine conclusion: Paul limite ce que les femmes peuvent faire dans l'église. Il dit qu'elles ne peuvent ni enseigner, ni prendre de l'autorité sur l'homme. Il y a plein d'autres choses qu'elles peuvent faire, mais pas ces deux choses-là.

Une instruction radicale

Au verset 11, Paul suppose que les femmes de l'église vont recevoir une instruction dans la foi. Cela nous semble évident, dans notre société, tout le monde a accès à une éducation. Dans l'église, nous ne faisons pas de distinction entre homme et femme, en ce qui concerne qui peut écouter la prédication. Cependant, à l'époque de Paul, on ne s'attendait pas à ce qu'une femme reçoive une éducation. Elle avait sa place, renfermée dans la maison sous l'autorité de son père ou de son mari. Le rabbin Eliezer disait que c'était mieux de brûler la Torah que de l'enseigner aux femmes. L'homme juif priait chaque jour pour remercier Dieu qu'il n'était pas une femme. De ce que j'ai pu en lire, ce n'était pas beaucoup mieux dans les cultures grecque et romaine.

Dans ce qu'il écrit, Paul est radical. Pour lui, une femme doit pouvoir écouter l'instruction donnée à l'église. Il va à contre-courant, dans une société assez misogyne. Il ne dit pas que les femmes doivent quitter la salle quand le prédicateur se met debout. Il ne dit pas qu'elles ne sont pas capables de recevoir un enseignement. Il dit qu'elles doivent apprendre.

Au verset 11, le mot "silence" parle de l'attitude de la femme - qu'elle soit calme, qu'elle soit ouverte à écouter, qu'elle réponde bien à la parole de Dieu. La soumission dont il parle, c'est simplement, il me semble, du respect pour celui qui donne l'enseignement.

Comme je vous l’ai déjà dit, il n'est pas facile de reconstruire la situation à Ephèse, mais il semble que c'était une église en désordre. Il est possible que, lors des cultes, il y avait des femmes qui essayaient de prendre la parole devant l'assemblée, ou qui papotaient pendant la prédication. Il est possible que la nouvelle liberté en Christ en ait amené certaines à croire que les différences entre homme et femme ne comptaient plus. Le point important ici, c'est que les femmes ont le droit d'être éduquées, de recevoir l'enseignement de la parole de Dieu. Une idée radicale pour son époque.

Enseigner et prendre de l'autorité

Beaucoup d'encre, et peut-être un peu de sang, a coulé au sujet du verset 12. Ce que nous trouvons ici n'est pas facile à avaler, même pour ceux qui sont convaincus que la bible est la véritable parole de Dieu. Certains de ceux qui n'aiment pas ce verset ont essayé de détourner ce que Paul dit, pour minimiser l'impact de ses paroles. L'idée qu'une femme se voit refuser un certain rôle, simplement parce qu'elle est une femme, nous bloque. C'est une pierre d'achoppement pour beaucoup de chrétiens.

Est-ce que cette parole va nous faire trébucher? J'espère que non. Pour bien comprendre ce que Paul veut dire, il faut comprendre ce qu'il ne veut pas dire. Il y a quelques idées qui ont été proposées pour comment interpréter ce verset, pour adoucir ce que Paul a dit.

Une idée est de dire que les deux mots grecs traduits par "enseigner (didaskein)" et "prendre de l'autorité (authentein)" sont négatifs. C'est-à-dire que Paul aurait voulu dire qu'une femme ne peut pas donner un mauvais enseignement à un homme ou dominer un homme d'une manière agressive. Mais il y a un problème. Le mot pour enseigner n'a, nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament, un sens négatif. C'est un mot qui parle simplement de l'enseignement de la foi. Plus particulièrement ici, ce mot parle de la prédication avec autorité de la parole de Dieu dans l'église. Par une telle prédication, la doctrine et la théologie sont enseignées, ce qui donne la direction à l'église. Selon Paul, c'est un rôle réservé aux hommes, ou à certains hommes - ce n'est même pas chaque homme qui est appelé à prêcher.

Le mot pour "prendre de l'autorité" est ce qu'on appelle un Hapax Legomenon. Deux mots à retenir pour l'avenir, si vous voulez impressionner un ami ou votre chef au travail. Un Hapax Legomenon est une belle façon de dire qu'un mot grec n'apparaît qu'une fois dans le texte du Nouveau Testament. Il faut donc être prudent dans ce que nous disons à propos de la signification de ce mot. Mais encore une fois, ce mot n'a pas un sens négatif. Un commentateur qui s'appelle Albert Wolters a fait une étude du mot "authentein", dans toute la littérature grecque ancienne qui date du temps du Nouveau Testament jusqu'à 312 après Jésus-Christ. Il n'a rien trouvé pour soutenir l'argument de certains que ce mot est négatif, c'est-à-dire qu'il aurait le sens de dominer ou d’agresser un homme. Ce mot veut simplement dire avoir de l'autorité et s’en servir. Selon Paul, le rôle qui comprend "avoir de l'autorité" dans l'église est réservé aux hommes, ou à certains hommes. En général, cela veut dire que, dans une église évangélique typique, le pasteur et les anciens seront des hommes. Encore une fois, ce n'est pas tout homme qui a cette position d'autorité. Il ne faut pas supposer non plus que Paul dit que tout homme a l'autorité (limitée ou illimitée) sur toute femme! Non, l'autorité dont il parle est donnée pour une raison spécifique - diriger l'église de Dieu.

Une autre idée qui a été suggérée est qu'il faut prendre les deux mots, "didaskein" et "authentein", ensemble, et les traduire comme "enseignement autoritaire", encore avec un sens négatif. C'est une idée attirante, parce que cela nous permettrait de laisser prêcher une femme qui ne serait pas autoritaire, mais qui serait soumise à l'autorité de l'église - c'est-à-dire au pasteur et aux anciens. Mais cette interprétation n'est pas acceptable. Premièrement, c'est une question de grammaire. Il faut tordre le grec pour arriver à cette traduction. Deuxièmement, quand Paul, à la fin du verset, écrit qu’ "elle doit demeurer dans le silence", ce qu'il dit explique entièrement le comportement de la femme par rapport à l'enseignement. Rester en silence veut dire qu'elle ne peut pas enseigner là où il y a des hommes présents.

Une vue de l'ensemble

Ce que nous devons faire maintenant, c'est réfléchir à l'ensemble. Je crois qu'il y a des limites à ce que Paul dit. Il y a plusieurs exemples, dans le Nouveau Testament, où les femmes enseignent d'autres personnes: Je vous en cite quatre: Dans 1 Corinthiens 11:5 il est écrit "Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef." Paul veut bien que les femmes prient et prophétisent dans l'église.

Dans Tite 2, il s'attend à ce que les femmes s'entraident et que les plus âgées enseignent les plus jeunes. Puis, dans 2 Timothée, Paul parle de Timothée lui-même "…gardant le souvenir de la foi sincère qui est en toi, qui habita d'abord dans ton aïeule Loïs et dans ta mère Eunice, et qui, j'en suis persuadé, habite aussi en toi." Et plus loin au chapitre 3, "Toi, demeure dans les choses que tu as apprises, et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises; dès ton enfance." Qui a enseigné la foi à Timothée, dès son enfance? Sa grand-mère et sa mère. Pour finir, dans Actes 18:26, nous entendons parler d'un homme qui s'appelle Apollos: "Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l'ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu." Aquilas et Priscille étaient un couple de l'église d'Ephèse. Ensemble, ils ont enseigné Apollos. Ils ont fait un genre d'étude biblique chez eux. Nous pouvons supposer, de ce qui est écrit, que Priscille a aussi bien participé à l'enseignement qu'Aquilas, son mari. Voici plusieurs exemples où Paul dit qu'une femme peut, ou doit enseigner.

La création

L'instruction de Paul, dans les versets 11 et 12, est enracinée dans la création. C'est ce fait qui devrait nous convaincre que ce que Paul dit est d'application dans toute époque et en tout lieu. Aux versets 13 et 14, Paul fait encore une fois référence à Genèse 2. C'est là où nous pouvons lire comment Dieu a créé la femme, après avoir créé l'homme. La femme a été créée comme "aide semblable" à l'homme. Paul suppose que l'ordre de la création de l'homme et de la femme implique que l'homme a de l'autorité sur la femme. Dieu a établi une hiérarchie dans la relation entre homme et femme.

Note: Pour avoir une explication plus détaillée à ce sujet vous pouvez lire les autres prédications dans cette série. 1 Corinthiens 11:2-16 - Première partie, Deuxième partie

C'est le verset 14 dont certains se servent pour prétendre que la femme est inférieure à l'homme. Ils disent qu'une femme ne peut jamais prêcher ou enseigner l'église, parce que c'est la première femme qui a été séduite par le serpent, donc toute femme est trop crédule ou mystifiable. Ceux qui prennent cette position odieuse ne se rendent pas compte, premièrement de leur stupidité, et deuxièmement du fait que Paul s'attend à ce que, dans certains contextes, les femmes enseignent des autres. Est-ce que ces gens veulent dire qu'il est acceptable qu'une femme qui soit trop crédule pour parler aux hommes puisse dire n'importe quoi à d'autres femmes, ou aux enfants, ou en privé? De toute façon, dans ce verset, Paul ne dit pas que toute femme est crédule. Certaines le sont, peut-être, mais certains hommes aussi!

Ici, Paul fait référence à la chute de Genèse 3. Si nous lisons à toute vitesse Genèse 3:1-9, nous pouvons voir ce qui s'est passé ce jour-là. Le serpent va vers la femme, il parle. La femme est convaincue par son argument, elle prend le fruit et elle en mange. Puis, elle le donne à son mari. Il le prend et il en mange. Quand Dieu cherche l'homme et la femme, qui est-ce qu'il appelle? Il appelle l'homme. C'est l'homme qui est tenu responsable de ce qui s'est passé. C'est lui qui a reçu, en premier, l'instruction de Dieu, dans Genèse 2:16.

C'est à l'homme que Dieu déclare, au chapitre 3, le verset 19, qu'un jour, à cause de son péché, il mourra. Bien sûr, la femme mourra aussi, mais c'est sur l'homme, comme représentant de l'humanité, que la malédiction a été prononcée. Romains 5:12 nous le dit clairement "par un seul homme le péché est entré dans le monde". La femme a été séduite. L'homme a péché avec les yeux grands ouverts. A ce moment-là, l'ordre de création a été inversé. L'homme a écouté l'instruction, l'enseignement de sa femme et il a suivi ses conseils. Nous en vivons, tous, les conséquences.

Est-ce que cela veut dire qu'un homme ne doit jamais écouter sa femme? Non, un homme qui n'écoute pas sa femme est idiot. Mais, c'est sur ses épaules que reste la responsabilité devant Dieu pour le couple et comment il se comporte.

Qu'est-ce que nous pouvons tirer de ces deux versets pour l'église aujourd'hui? Il me semble que ce que Paul enseigne n'est pas trop difficile à saisir, si nous comprenons pourquoi il a fait appel à la création. Dans l'église, l'ordre entre homme et femme doit rester comme il a été établi par Dieu avant la chute. Au début, Dieu a donné l'autorité à l'homme. Il donne toujours l'autorité aux hommes dans l'église, pour la raison précise que je vous ai déjà citée: c'est une autorité pour donner direction à l'église en ce qui concerne la foi et le comportement chrétien.

De tout ce que nous avons regardé ce matin, le verset 15 peut sembler le plus bizarre. Si j'avais une heure de plus pour parler, nous pourrions examiner en détail toutes les possibilités pour comment interpréter ce verset. Il y a, en gros, 4 façons de voir ce verset:

  1. C'est en ayant des enfants qu'une femme sera sauvée. Aujourd'hui, presque personne ne comprend ce verset dans ce sens. Nous sommes sauvés par la grâce toute seule.
  2. Une femme chrétienne sera gardée du danger quand elle accouche. Pas trop convaincant. Malheureusement, il y a beaucoup d'exemples de femmes qui sont décédées au moment de mettre au monde un enfant.
  3. Paul parle de la naissance de Jésus Christ, par laquelle toute femme sera sauvée. Une idée intéressante et peut-être moins difficile à accepter que les deux premières, mais encore, pas trop convaincante. Si Paul a voulu faire référence à Jésus Christ, pourquoi ne pas être plus direct ?
  4. Paul fait référence aux rôles différents des hommes et des femmes. La phrase "en devenant mère" est compris comme un symbole pour ce que c'est d'être une femme. Oui, il y a des exceptions, des femmes qui n'ont jamais eu d'enfant, par choix ou à cause des circonstances, mais d'une chose nous pouvons être certains : Aucun homme n'a jamais accouché!

De toutes les idées proposées, c'est la quatrième qui me semble la plus convaincante, même s'il y a toujours des "oui, mais…" que nous saurions ajouter. C'est l'idée qui se situe le mieux dans le contexte de ce que Paul dit. Selon Paul, une femme doit remplir le rôle qui lui a été confié et ne pas chercher à prendre une place qui n'est pas la sienne.

Ce sont encore des mots un peu troublants. Est-ce que Paul veut dire que la femme doit rester toujours à la maison, dans la cuisine, entourée par les enfants, attachée à l'évier? Non, je ne crois pas. Paul se bat contre un grand problème à Ephèse. Certaines femmes essayaient de prendre une place d'importance dans l'église. Elles disaient, il me semble, "Si un homme peut le faire, nous pouvons le faire." Et c'est certain que, quelque part, elles avaient raison. On n'a pas besoin de regarder trop longtemps, avant de trouver une femme qui est aussi capable que le meilleur des hommes, parfois, souvent plus capable. Notre capacité en général ne dépend pas de notre genre. Mais Paul ne construit pas son argument sur les capacités des uns ou des autres. Il se base sur la création, là où Dieu, selon sa propre sagesse, a établi un certain ordre entre homme et femme.

Pour finir, comme je l'ai dit tout au début, il est possible que nous n'aimions pas trop ce que Paul dit. J'espère que je vous ai assez donné, pour que vous puissiez réfléchir à ce sujet et trouver vous-même une conclusion juste et satisfaisante.

Mes propres conclusions sont que Paul, dans ce passage, réserve l'enseignement et la direction de l'église aux hommes. Le chapitre 3 étant le guide pour comment choisir qui peut prendre la position de pasteur ou d’ancien. Un autre sujet, pour une autre prédication, bien sûr. C'est ainsi que nous allons faire les choses à Libramont.

Je crois que nous devons travailler pour mettre en évidence les dons de tous - hommes et femmes. Oui, il y a certains rôles qui sont réservés aux hommes, mais ces choses ne sont pas les seules choses à faire dans l'église. Que Dieu puisse élever plus de femmes et d'hommes qui savent enseigner. Paul ne met pas de limite à ce que nous pouvons faire les uns pour les autres, entre nous. Il est écrit dans Colossiens 3:16 "Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce."

Quelque part, je suis un peu frustré ce matin, nous avons abordé un sujet énorme et nous commençons à peine à en entrevoir le fond. Je ne suis pas moi-même tout à fait satisfait avec ce que j'ai pu vous enseigner. Il y a beaucoup plus à dire à ce sujet. Je veux terminer avec quelques pensées. Des choses sur lesquelles je réfléchis, suite à mon travail sur ce passage: Pourquoi est-ce que quelqu'un ou quelqu'une cherche à prêcher ou devenir un ancien d'une église? Etre dirigé, c'est beaucoup plus confortable que diriger. La responsabilité de celui qui dirige et qui enseigne est énorme, selon la bible. Jacques dit de ceux qui cherchent à enseigner qu'ils seront "jugés plus sévèrement".

Qu'est-ce qu'on cherche, qu'est-ce qu'on veut? Du pouvoir, une position importante, être vu par tout le monde, être considéré comme mieux que les autres? Oui, ce sont des choses négatives. Il est possible, bien sûr, de vouloir diriger ou enseigner pour de bonnes raisons. Paul lui-même dit, au chapitre 3 de 1 Timothée, que "Si quelqu'un aspire à la charge d'ancien, il désire une œuvre excellente." Mais, dans la bataille qui fait parfois rage autour du sujet de savoir si les femmes peuvent être pasteurs ou si elles peuvent prêcher, il me semble que, des deux côtés, il y a plus d'accent mis sur le pouvoir que sur le service.

Marc, dans son évangile, nous raconte un moment intéressant dans la vie de Jésus: "Jésus leur demanda: De quoi discutiez-vous en chemin? Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Alors il s'assit, appela les douze, et leur dit: Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous."

Il me semble qu'il y a un problème dans nos églises évangéliques. Certains, et certaines, croient qu'être debout devant l'assemblée, c'est le point culminant de ce que c'est d'être un chrétien. C'est la marque des plus spirituels des gens spirituels. J'ose dire, que, dans ce cas, nous avons trop élevé le rôle du pasteur et des anciens, et nous avons mis trop d'importance sur la prédication de la parole. C'est au point qu'il est parfois considéré plus important de rester dans le culte pour écouter le message, que de sortir et de servir dans la garderie, avec les enfants ou avec les jeunes.

Je dis cela, non pas pour nier la place et le rôle du pasteur ou des anciens. Je suis convaincu à 100% de leur importance dans l'église. J'en suis un! Mais étant un pasteur ou un ancien ne nous rend pas plus spirituel ou plus acceptable pour Dieu. Je suis convaincu à 100% de l'importance de la prédication de la parole de Dieu. Sinon, je ne serais pas ici ce matin, il existe d'autres choses à faire qui sont plus faciles!

Mais… Sommes-nous prêts à servir? Sommes-nous prêts à travailler dans les coulisses et faire les choses qui ne sont pas vues, mais qui ont une valeur énorme aux yeux de Dieu? Je suppose que c'est là où je veux en venir. En tant qu'hommes et femmes, en tant que chrétiens, d'où vient notre valeur? Est-ce que cela vient de ce que nous faisons ou de ce que nous sommes en Christ? Notre réponse à cette question pourrait révéler notre cœur, et les raisons pour lesquelles nous cherchons un tel ou tel rôle, ou une telle ou telle place dans l'église.


Si vous avez apprecié cette prédication que vous avez lu et vous aimerez nous aider dans la construction de notre nouveau bâtiment d'église vous pouvez visiter notre site www.1000x50.com, merci.

Retourner à la liste de prédications