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Jacques 3:1-12

La Langue

L'Américain Thomas Edison a inventé beaucoup de choses. Parmi ses inventions se trouve l'électrophone, ce qu'il appelait "la machine à parler".
Une fois, lors d'un banquet le président, en présentant M. Edison, a parlé de toutes ses inventions, et surtout la machine à parler. Après l'introduction M. Edison s'est levé et il a dit "Je remercie le président pour ses remarques bien gentilles, mais il y une précision à donner. C'est Dieu qui a inventé la machine à parler. Moi, j'ai inventé la première qu'on puisse arrêter."

Chacun de nous a une machine à parler et nous parlons facilement. On appelle cette machine "la langue". Avec un enfant nous passons les trois premières années de sa vie en l'encourageant de parler, et les 15 années suivantes en lui disant "Tais-toi!". Après 18 ans il doit se débrouiller tout seul. Nous voulons bien que nos enfants apprennent la maîtrise de la langue... surtout après 9 heures le soir.

Mais que nous parlons facilement ne veut pas dire que nous sommes toujours très sages avec ce que nous disons. Un mot lâché en vitesse n'est pas facilement récupéré et les conséquences sont parfois énormes. Ce matin nous allons parler de la langue à partir de l'épître de Jacques. Qu'enseigne-nous la bible à propos de cette machine à parler que nous possédons tous? Lisons Jacques 3:1-12 ensemble.

Dans le passage que nous venons de lire l'Apôtre Jacques s'adresse premièrement à ceux dans l'église qui veulent devenir enseignants. Il a écrit sa lettre "aux douze tribus qui sont dans la dispersion" - les juifs chrétiens, dispersé partout dans l'empire romain à cause de la persécution." Ils sauraient de quoi Jacques parle quand il parle des enseignants. A l'époque de Jésus, et de Jacques, être enseignant - un rabbin, était une position prestigieuse. Un rabbin était acclamé par tout le monde et les gens faisaient beaucoup pour pourvoira à ses besoins. C'était une position de pouvoir aussi. Les rabbins enseignaient les juifs dans les voies de l'Eternel... enseignement à lequel ils ont ajouté leurs propres interprétations et idées. Jésus a dit d'eux "Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt." Ils étaient enseignants du peuple mais ils n'avaient pas l'approbation de Dieu pour ce qu'ils faisaient. N'avaient-ils pas une bonne compréhension de leur état?

Dans le film Spiderman d'il y a quelques années, il y a un personnage qui s'appelle Ben. Il est l'oncle de Peter Parker - le jeune homme qui vient de recevoir des pouvoirs incroyables. Ben lui a dit "Avec un grand pouvoir viennent de grandes responsabilités." Les enseignants de l'église ne sont pas obligés de grimper sur les murs mais avec le pouvoir d'enseigner vient de grandes responsabilités. Que peut-être les rabbins ignoraient. Quand Jacques dit "qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner" il le dit pour une bonne raison. Si quelqu'un croit qu'il prend une position importante il faut qu'il soit reconnaissant aussi du fait qu'il y a une responsabilité qui vient avec: "car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement."
Ce que nous disons sera jugé par Dieu. Ce n'est pas une question de salut mais question de si Dieu va nous dire "bien fait fidèle serviteur" ou non. Comme l'Apôtre Paul a dit dans 1 Corinthiens 3: "Si quelqu'un bâtit sur ce fondement avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l'œuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun. Si l'œuvre bâtie par quelqu'un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l'œuvre de quelqu'un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu." En tant qu'enseignants nous ne sommes pas parfaits, mais nous nous efforçons à faire notre mieux.

Pourquoi Jacques vise-t-il ceux qui veulent enseigner?
Il me semble que c'est parce que les paroles sont les outils de l'enseignant. Il travail avec des paroles. Dans une église l'enseignant enseigne la véritable parole de Dieu par ses propres paroles. L'enseignant est un modèle, un exemple pour l'église dans ce qu'il fait et dans ce qu'il dit. Ce que Jacques va dire par la suite est à appliquer dans toute l'église, pour tous les membres. Mais il commence par ceux qui parlent pour Dieu. Nous n'avons plus de rabbins comme enseignants dans les églises protestantes mais nous avons des pasteurs, nous avons des prédicateurs, nous avons des moniteurs et monitrices des écoles de dimanche et des groupes de jeunes, nous avons celles qui enseignent dans les groupes des dames et ceux qui dirigent les études bibliques. C'est à ces gens que Jacques parle. C'est à nous qui sommes enseignants dans l'église de Libramont que Jacques parle.

Quand nous enseignons nous le faisons pour que les gens nous écoutent et qu'ils agissent par la suite. Nous voulons bien que ce que nous disons ait un effet dans la vie de ceux qui nous enseignons. Si non, pourquoi est-ce que nous faisons ce travail?
Et nos paroles sont une réflexion de notre cœur et de notre foi. Nous ne pouvons dire que ce que nous croyons et ce que nous sommes à l'intérieur. Jésus l'a mieux dit dans Matthieu 12: "C'est de l'abondance du cœur que la bouche parle." Ce qui est en nous sort quand nous parlons, quand nous enseignons.
Cela doit peser sur ceux qui enseignent! Etre enseignant dans une église n'est pas simplement un hobby, quelque chose que nous fassions pour passer du temps. C'est une responsabilité énorme.
A ce point-là je ne serai pas de tout étonné si tous les moniteurs, toutes les monitrices et des autres se lèvent et disent "Merci, nous quittons!!" J'ai parfois le même sentiment quand je pense à la responsabilité que j'ai dans cette église. Savoir que nous serons jugés pour ce que nous enseignons doit nous faire réfléchir. Mais cela ne veut pas dire que nous devons abandonner... Bien que Jacques ne nous donne pas d'encouragement ici il est certain que d'être enseignant est aussi un honneur - pouvoir équiper des autres pour le service de Dieu - il n'y a rien de meilleur! En plus, nous avons confiance que notre Dieu est miséricordieux. Il est un bon juge, il est juste.

Mais il est quand même possible que nous nous sentions un peu nerveux quand nous considérons le travail. Nous nous sentons insuffisant, peu préparé, peu formé. Quoi faire? En fait, que vous soyez enseignant ou non, l'enseignement dans l'église que vous écoutez le dimanche est important. Les études bibliques en groupe sont importantes. Le groupe des dames est important. Profitez de ces choses. Mais n'oubliez pas que nous avons tous, je le redis, tous une responsabilité de nous nourrir nous-mêmes par notre étude personnelle de la bible, par la prière, par les discussions avec des amis. Si vous avez des questions, posez-les à quelqu'un dans l'église qui saura peut-être répondre. Cherchez de l'aide.

Dans 3 semaines Willy Fraipont du Bon Livre à Liège va nous rendre visite. Je lui ai demandé de venir avec une sélection de ressources pour étudier la bible. Il va apporter des commentaires, des dictionnaires bibliques et d'autres choses. Ce sont des outils qui nous aident à nous lancer dans l'étude de la bible. Ce sont pour débutants aussi bien que pour ceux qui sont un peu plus avancé. Je vous demande de réfléchir sur la possibilité de profiter de sa visite pour acheter des livres - peut-être un commentaire de la bible entière qui explique des passages que vous lisez.

Il va venir aussi, j'espère, avec un logiciel pour étudier la bible - un logiciel plein à craquer de ressources utiles. Il y a une brochure sur la table pour ceux qui ont un ordinateur et qui seront peut-être intéressés. Voilà, fin de la publicité...

Dans le verset 2 Jacques lie ce qu'il vient de dire aux enseignants avec ce qu'il va dire à propos de la langue: "Nous bronchons tous de plusieurs manières. Si quelqu'un ne bronche point en paroles, c'est un homme parfait, capable de tenir tout son corps en bride." Tout le monde bronche. C'est à dire que nous péchons tous. Même l'apôtre Jacques! L'homme parfait dans ce verset c'est un homme, ou une femme, qui est mur. Le pinacle de la perfection, la maturité, c'est la maîtrise de la langue. Si vous savez contrôler votre langue il est presque certain que vous savez contrôler tout le reste parce que la langue, comme Jacques va nous expliquer, est le membre du corps le plus difficile à contrôler. Pour Jacques, ce que nous disons, notre façon de parler est une réflexion de notre maturité spirituelle. Et la bible est claire que ceux qui enseignent doivent être ceux qui cherchent la maturité. Puis Jacques nous parle de la nature de la langue - la langue qui dirige et la langue qui détruit.

La langue qui dirige

"Si nous mettons le mors dans la bouche des chevaux pour qu'ils nous obéissent, nous dirigeons aussi leur corps tout entier. Voici, même les navires, qui sont si grands et que poussent des vents impétueux, sont dirigés par un très petit gouvernail, au gré du pilote. De même, la langue est un petit membre, et elle se vante de grandes choses." Jacques nous présente deux images pour expliquer la langue qui dirige: le cheval avec son mors et le navire avec son gouvernail. Deux grandes choses contrôlées, dirigé par une petite chose.

Pour comprendre comment il est possible de contrôler un cheval qui pèse 1000kg avec un petit morceau de métal je me suis renseigné auprès de Claire J. L'experte sur les choses "cheval". En plus je suis content parce que Claire m'a prêté un mors pour vous montrer - avec ce petit truc vous pouvez contrôler un cheval. Le mors va dans la bouche du cheval, au-dessus de la langue et il reste sur la gencive inférieure. Le cavalier se sert de la rêne pour tirer le mors. Et comme nous le savons bien, s'il tire à droit le cheval va tourner à droit.

Mais en parlant avec Claire j'ai appris quelque chose de très intéressant. La tendance naturelle d'un cheval c'est de se pencher vers la pression - mets ta main sur le flanc d'un cheval et il va se déplacer vers toi. Quand la rêne est tiré à droit le mors met la pression sur le coté gauche de la gencive. Selon sa nature le cheval va tourner à gauche. Mais il doit aller à droit. Il doit apprendre que s'il tourne à droit la pression sur sa gencive, qui est quand même peu confortable, va arrêter. Pour finir le cheval est maîtrisé par le mors. Il suit la volonté du chevalier et non pas sa propre nature.

Puis le navire, une image différente, mais la même idée. Les grands navires dont Jacques parle ne sont pas comme nos grands bateaux d'aujourd'hui. Il ne pense pas à des bateaux de croisières ou des superpétroliers qui déplace des milliers de tonnes. Il pense à des navires de mers comme celui dans lequel l'Apôtre Paul se trouvait dans Actes 27 : "Nous étions, dans le navire, deux cent soixante-seize personnes en tout." Cependant le gouvernail est très petit par rapport à la taille du navire, mais avec ce gouvernail on sait diriger le navire.

Le mors et le gouvernail - deux images de la langue, la langue qui contrôle et dirige la vie de l'homme. Le roi David reconnaît le pouvoir de la langue dans le psaume 141 : "Eternel, mets une garde à ma bouche, Veille sur la porte de mes lèvres! N'entraîne pas mon cœur à des choses mauvaises, A des actions coupables avec les hommes qui font le mal." Le commentateur Warren Wiersbe a dit ceci : "Un juge fait une déclaration : 'coupable' ou 'pas coupable' et ses paroles changent le destin d'un détenu, sa famille et ses amis. Le Président des Etats Unis exprime quelques mots, signe un papier et la nation se trouve en guerre. Même un simple 'oui' ou 'non' de la bouche d'un parent peut influencer l'avenir d'un enfant."
Proverbes 18:21 nous le dit : "La mort et la vie sont au pouvoir de la langue."

Dans ces deux images nous pouvons noter aussi des forces externes qui travail: La volonté et la puissance du cheval et le vent et la mer autour du navire. Nous nous trouvons parfois sous la pression de dire quelque chose. Quand nous sommes dans une situation difficile nous avons besoin de nous sauver la peau. Nous avons le désir de faire une bonne impression ou de garder une réputation. Ce sont des forces externes qui vont influencer ce que nous disons - pour le bien ou pour le mal.
Jacques reconnait qu'il est souvent la langue qui maitrise l'homme et non pas l'homme qui maitrise la langue. C'est le moment quand nous disons quelque chose. Nous mettons la main sur la bouche en disant "Aïe... il ne fallait pas... trop tard."
Le cheval tourne, le cours du navire est déterminé.

La langue qui détruit

Le 22 mai 1967 il y avait un incendie dans le magasin Innovation à Bruxelles. L'incendie a commencé à 13h30 quand il y avait plus de 1000 personnes dans le magasin. Il n'y avait pas de système d'extincteur automatique et en moins de 10 minutes le magasin était englouti par des flammes. L'origine du feu n'est pas connue. Les responsables du magasin ont dit que l'incendie s'est déclenché au premier étage au rayon enfants. D'autres ont dit qu'il a commencé dans le restaurant au quatrième étage. Encore d'autres que la source était des bonbons de gaz dans la section camping. Ce qui est certain c'est que c'était un désastre : 322 personnes sont mortes ce jour-là.

Pour paraphraser Jacques: "Voici, comme un petit feu peut embraser un grand magasin! La langue aussi est un feu; c'est le monde de l'iniquité. La langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne."
La langue aussi est un feu. Elle détruit. Avec nos paroles nous pouvons détruire.
Nous n'y pensons pas beaucoup. Parler est tellement facile que nous ne considérons pas ce que nous disons. Un petit ragot peut détruire une personne. Un critique négative peut détruire une personne. Une remarque ou une blague inappropriée peut détruire une personne. Est-ce que nous nous-rendons compte?
Nos paroles peuvent changer le cours de la vie - la nôtre ou celle de quelqu'un d'autre. Pardonne-moi Seigneur pour les choses que j'ai dit à mes enfants. Je vous admets que j'ai pleuré quand j'ai étudié ce passage. Je me suis rendu compte de la gravité de mon inattention, combien sont nombreuses mes paroles négligentes, vaines.

C'est Jésus qui a dit dans Matthieu 12 : "L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l'homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor. Je vous le dis: au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu'ils auront proférée. Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné."

Jacques continue avec des images. Il parle du fait qu'il n'y aucune personne qui sait contrôler sa langue. Nous sommes tous incapables. Nous contrôlons l'ordre naturel - les animaux, les oiseaux, etc. Mais nous ne savons pas nous contrôler. Il nous semble que nous sommes impuissants. Nous avons encore des images de la langue qui détruit. Et pour finir nous apprenons que la langue est aussi hypocrite. Nous parlons des deux cotés de la bouche. "Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l'image de Dieu. De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction."
Quand nous bénissons le Seigneur nous parlons de tous ce qui est bien, nous parlons pour lui faire plaisir, nous parlons de sa gloire et pour sa gloire. Bénir c'est parler du bien. Quand nous maudissons des autres nous parlons de tous ce qui est mauvais, nous parlons le mal, nous parlons pour détruire. Comment faisons-nous cela?

Prenons un dimanche matin comme exemple, ce matin peut-être.
Nous avons disputé dans la voiture avant d'arriver et nous avons dit des choses à notre épouse ou notre époux... bien mérité en notre avis mais un peu sévère.
Nous arrivons à l'église et nous sommes impeccables.
Nous chantons la gloire de Dieu.
Dieu tu es grand, tu es fidèle et bon, Ton amour infini nous confond.
Dieu tu es grand, tu es saint et puissant, Viens régner dans nos cœurs maintenant.
Mais la prédication, quelle horreur... trop longue... où était sa cravate... il a des poids à perdre... et le café, il ne faut pas parler du café... et t'as vu ce qu'elle portait ce matin... mieux utiliser cette chemise comme essuie que la porter...

Il ne faut pas, mes frères et mes sœurs, qu'il en soit ainsi. L'image de l'eau douce et de l'eau amère suivi par l'image du figuier et des olives mettent l'accent sur combien c'est bizarre, combien c'est incongru que nous agissons comme cela. Un peuple tel que nous sommes doit être mieux que ça. Notre foi est mise en évidence par nos paroles. Tout le monde voit ce que nous sommes quand nous parlons.

Il faut admettre qu'il n'y a pas beaucoup d'encouragement dans ce petit passage. Il n'y a pas de résolution du problème de la langue. Jacques ne nous donne pas des solutions. Il nous dit simplement quelle est la nature du problème et comment ça devrait être. Mais il y a une solution et un aide. Nous pouvons confesser notre péché - le péché de notre bouche. Nous pouvons recevoir le pardon et nous pouvons demander que l'Esprit Saint agisse en nous pour produire du bon fruit. Que nous soyons des figuiers qui produisent des figues. Dans ce sens là ce n'est pas très compliqué. Nous savons ce que nous sommes et ce dont nous avons besoin.


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