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Matthieu 18:15-17

Vivre au ciel avec les saints nous aimons. Cela, c'est de la gloire.
Vivre ici bas avec les saints nous connaissons. Cela c'est une autre histoire.

Vivre dans l'église n'est pas toujours "de la gloire". Bien que nous passons des moments formidables ensemble il y a aussi des moments plus douloureux, des moments de conflit et de difficulté. Jean-Louis a parlé des hauts et des bas de la vie chrétienne et l'importance de rester avec les yeux fixés sur notre Seigneur. La semaine passé Philippe Pypaert a parlé de la colère à partir d'Ephésiens 4:26 : "Quand vous vous mettez en colère, ne péchez point." Il nous a encouragé à être honnête les uns avec les autres et partager nos sentiments et cela dans les limites de ce qu'enseigne la bible.
Aujourd'hui nous allons parler du conflit dans l'église et comment le résoudre. Que faisons nous quand quelqu'un nous blesse, quand quelqu'un pèche contre nous. Quelles sont les choses à faire selon la bible?

Les enseignements de Jean-Louis et de Philippe étaient très pratiques. Une aide pour nous dans l'église. Je veux bien continuer ce qu'ils ont commencé et prendre quelques semaines encore pour parler de nos relations dans l'église et comment les gérer pour notre bien et pour la gloire de Dieu. C'est mon intention que ces messages soient pratiques et qu'ils nous aident.

Lisons ensemble Matthieu 18:15-17

J'utilise la version Nouvelle Bible Segond pour la lecture. "Si ton frère a péché contre toi, va et reprends-le seul à seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute affaire se règle sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Eglise; et s'il refuse aussi d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme un non-Juif et un collecteur des taxes."

Dans ces versets Jésus parle a ses disciples, ceux qui sont la fondation de l'église. Jésus sait bien qu'il y aura des problèmes dans son église - qu'une personne péchera contre une autre. Il donne des instructions à comment régler ces problèmes.

Tout au début il y a certaines choses à remarquer:
Premièrement, les instructions de Jésus se limite à l'église. "Ton frère". Il parle des problèmes qui ne concerne que les membres de l'église, des frères, et des sœurs bien sur. Nous n'appliquons ce que Jésus dit qu'au sein de l'église. Nos rapports avec le monde sont différent et cela est un autre sujet pour un autre jour...

Deuxièmement, Jésus parle du péché. Il ne parle pas d'une simple différence d'opinion entre deux personnes dans l'église. Il parle du péché tel que décrit dans les écritures. Si nous ne sommes pas certain que quelqu'un a péché contre nous il faut y réfléchir beaucoup avant d'agir selon ses versets. Cela parce que le but de ce que Jésus nous dit c'est la restauration d'une relation et non pas la punition d'une offense.

"Va". Et nous nous disons "pouah!, est-ce que je dois..."
Quand nous sommes blessés par le péché d'un autre il y au moins deux façons d'agir.
La première... nous attendons à ce que l'autre se rend compte de ce qu'il a fait et qu'il vient nous voir. Entre temps nous ruminons, nous jouons le film de l'offense sur un grand écran dans notre tête, nous ramassons et nous examinons l'offense comme un bijou précieux, nous bouillons, nous boudons. Et l'offense grandit. Si cela continue nous sommes tenté d'en parler avec d'autres - "Tu sais ce qu'il a fait... il m'a tellement blessé... fais gaffe à lui!"

La deuxième façon c'est d'ignorer ce qui s'est passé. Nous nous disons, "Ce n'était pas aussi grave que cela. Je le pardonnerai et je l'oublierai." Il est vrai que pardonner est important. Il est vrai aussi que parfois il est bon de oublier une offense. Mais si nous le faisons souvent nous devons nous poser la question pourquoi. Est-ce que c'est parce que nous n'aimons pas la confrontation? Est-ce que la gentillesse cache la lâcheté.

Après tout, qui aime la confrontation? La confrontation nous laisse souvent mal à l'aise. Surtout nous nous demandons "Qu'est ce qui va se passer?" Nous préférons éviter la confrontation. La vie est plus facile comme ça. Le problème c'est que pour finir nous sommes en danger d'arriver au même point que celui qui attend et boude. L'offense grandit et nous ne savons plus la supporter... et peut-être qu'un beau jour "Blam" ça explose. Que cela soit une petite grenade de amertume ou une bombe thermonucléaire de colère.

Si vous avez été offense à vous d'aller commencer à mettre les choses en ordre. "Va!"
Et les conditions: "reprends-le seul à seul."

Reprendre quelqu'un c'est lui expliquer la nature de sa faute. C'est lui expliquer ce qu'il a fait de mal. Mais comment? C'est une confrontation, donc, il faut y aller avec épées dégainées et toute arme tirant des balles... avec un cri de guerre en plus.

Soyons directe, soyons gentil, soyons doux, soyons humble.
Va avec l'attitude de vouloir gagner ton frère et non pas l'attitude de vouloir gagner une bataille. Ton frère ne te écoutera pas s'il se sent attaqué. Il va se défendre. Il faut donner la possibilité pour explication et compréhension. Es-tu certain même qu'il est déjà conscient de son offense? Il est possible que notre perception de ce qui c'est passé n'est pas correcte à 100%. Qu'il y aie un péché doit être clair, mais connaissons-nous le cœur et les intentions de l'autre?

Quelques conseils:
Prie avant d'y aller. Demande l'aide du Saint-Esprit, celui qui fait pousser son fruit dans notre vie - dans la confrontation il nous faut la patience, la douceur et la maîtrise de soi. Ce sont des choses qui sont signe de force et non pas de faiblesse.
Il est aussi important que nous prions pour celui qui nous a offensé. Que Dieu puisse toucher son cœur par son Esprit-Saint - bien sûr. Mais peut-être aussi que Dieu puisse le bénir. Cela changera notre optique, non pas sur le péché mais sur la personne. Ce qui est important si nous croyons que la personne est plus important que la bataille.

Réfléchir à ce que tu vas dire. Exprime-toi avec des paroles comme "Je me suis senti blessé parce que..." et non pas "Tu m'as blessé, t'es un idiot insensible!" Nous ne disons pas que c'est notre problème tout seul, que c'est quelque chose que nous imaginons. Mais nous ne commençons pas avec des accusations. Si tu arrive chez l'autre avec des accusations et des condamnations tu as perdu d'avance.

Ne parlez que de l'offense. Il n'y a pas besoin de relever toutes les fautes que vous avez aperçu ces 5 dernières années. Les déclarations comme "Tu fais toujours.... " ou "Tu n'as jamais...". sont peu utiles, ils sont même improductif. Pourquoi? La plupart d'entre nous ne sommes pas assez cohérents de faire toujours la même chose. Aussi généraliser comme ça n'aide pas la discussion. "Si je fais toujours la même chose pourquoi me reprend-tu maintenant? Quel est ton problème?"
En plus si je trouve moi-même un exemple qui montre que je ne fais pas toujours cette chose ton argument entier risque d'être anéanti à mes yeux, bien qu'il y aie un vrai problème à résoudre dans mon comportement.

La dernière partie de la phrase c'est "seul à seul". Je crois que c'est a ce point que nous échouons le plus souvent. Avant de parler seul à seul avec celui qui nous a offensé nous parlons avec 10 autres personnes. Pourquoi Jésus a-t-il dit "seul à seul"? Il l'a dit pour éviter encore plus de péché dans l'église. Il se peut que nous parlons avec des autres pour avoir des bons conseils, ou pour que quelqu'un dans lequel nous avons confiance peut nous aider à trouver la bonne façon de faire face à des choses.

Mais, plus souvent c'est pour raconter notre côté de l'histoire et pour rassembler une petite bande qui nous défendra et qui soulagera notre chagrin.
Oui, j'exagère un petit peu. Mais il me semble que si nous allons prendre au sérieux notre responsabilité de régler le problème "seul à seul" nous devons être très très prudents et nous devons nous mettre en question :
"Pourquoi dis-je ceci à cette personne?" "Quoi bon de le partager?" "Qu'est ce qu'il va penser de la personne qui m'a blessé - va-t-il se sentir blesse par solidarité, enragé de ma part!?"

Est-ce que cela veut dire que nous ne disons rien à personne?
De préférence, je suppose que "oui". Mais il faut reconnaître que nous avons parfois besoin de parler avec notre conjoint ou un ami de confiance. Ils peuvent ramener la situation à sa juste mesure qui nous permet à ne pas réagir trop vite et trop fort. Mais cela ne nous donne pas carte blanche d'aller parler avec tout et n'importe a qui. Cela devient le commérage qui blesse au lieu de guérir.

"S'il t'écoute, tu as gagné ton frère."
Comme j'ai dit tout à l'heure, le but de ce que Jésus nous enseigne c'est que nous gagnons notre frère et non pas que nous gagnons une bataille. Cependant, gagner ton frère dépend de ton frère s'il t'écoute ou pas.
Nous pouvons faire de notre mieux pour que la communication passe. Les mots que nous employons, notre façon de parler, le ton de notre voix. Que nous faisons une grimace ou que nous sourions. Que nous ayons une attitude fermée ou ouverte va avoir son effet. Mais il doit t'écouter. Ecouter ici c'est plus que faire un signe de tête et dit "oui, oui, d'accord..." Ecouter c'est prêter l'oreille, être attentif, réfléchir à ce qui est dit, examiner les arguments. Mais cela va encore plus loin dans ce que Jésus dit. Ecouter c'est aussi se mettre en accord avec ce qui est dit, se repentir et demander pardon. Sans la repentance et sans le pardon rien n'est gagné. Au mieux les fissures ne sont que recouvert et le tout va ressortir plus tard. Avec la repentance et avec le pardon la restauration de la relation est vraiment possible.

Il me semble que si nous mettions en pratique la première partie de ce qui est écrit dans ces versets 99% des problèmes entre chrétiens dans l'église seraient résolues sans que des choses doivent aller plus loin.

Mais dans son enseignement Jésus reconnais que parfois le frère n'écoute pas. Il reste 1%. Le frère refuse de reconnaître sa faute. Que faisons nous de suite?
"Oublie-le, c'est perdu, c'est un idiot et ça sera toujours un idiot."
Puis nous sommes libre à raconter l'histoire à tout le monde. "Vous voyez tout ce que j'ai fait et elle n'a même pas reconnu sa faute!"

Non, selon Matthieu nous essayons encore une fois. Mais cette fois nous n'allons pas seul. Nous prenons une ou deux personnes "afin que toute affaire se règle sur la parole de deux ou trois témoins." Ceci n'est pas pour se liguer contre une personne mais pour que il y aie d'autres qui savent que nous avons essayé de régler le problème selon les principes bibliques. Ces personnes sont là pour témoigner de ce qui se passe.

Et si nous nous trouvons dans une telle situation. Nous avons passé par la première étape et la réponse a été décevante. Nous arrivons au point que nous devons aller avec d'autres personnes. Comment choissions-nous ces personnes?
Il me semble que les critères sont assez facile a deviner - ce sont des gens qui sont témoins - ils doivent être fiables, des personnes de confiance et non pas simplement des partisans. C'est certain qu'ils seront tes connaissances, tu ne vas pas saisir la première personne qui passe par la porte pour t'accompagner. Ils peuvent même être tes amis mais ils doivent se consacrer à une tâche beaucoup plus grand que le simple recherche de ton bonheur...
Ils doivent aller avec le but de voir aussi la restauration de la relation. Ils ne sont pas là pour te défendre ou pour expliquer combien l'offense est grande à leurs yeux. Leur présence démontre l'importance et même la gravité de la situation.

Est-ce qu'ils peuvent parler? Bien sur que "oui". Ils ne sont pas videur de boîte de nuit, bras croisés avec un air menaçant, présent au cas où la situation se tourne mal.
Bien qu'ils tiennent compte des conseils déjà donné ils ont bien le droit de parler.

Et si cela ne résout pas le problème? Il y a une dernière étape par laquelle nous devons passer, une étape avec des conséquences qui sont quand même sévères.
"S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Eglise; et s'il refuse aussi d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme un non-Juif et un collecteur des taxes."

A ce point le problème du péché contre une personne devient un problème pour toute l'église. Nous nous trouvons face à la gravité du péché. La situation est publié devant l'assemblée de l'église, non pas pour faire honte à la personne qui a péché mais pour qu'il puisse voir combien son péché est grave, combien l'église prend l'offense au sérieux et que cela lui amène à la repentance, le pardon et la restauration.

Il est mieux que l'histoire soit présentée devant une cinquantaine de personnes lors d'une réunion avec la possibilité de terminer des choses d'une façon correcte que la personne soit considéré "comme un non-Juif et un collecteur des taxes." Qui est l'issu si le frère refuse encore d'écouter.

Pour comprendre les conséquences il faut comprendre un peu la nature du peuple d'Israël. C'est le peuple de Dieu, son élu, les Juifs sont bénéficiaires de sa présence et de sa bénédiction. Pour un Juif la possibilité d'être rejeté, mis dehors, retranchée de l'assemblée d'Israël était un horreur. Tous ce qu'il est, tous ce qu'il a, est lié à son identité comme membre du peuple d'Israël.
Et encore pire qu'un non-Juif était un collecteur des taxes. Je ne crois pas que le sentiment a beaucoup changé depuis le temps de Jésus. Matthieu lui-même était un collecteur de taxes avant qu'il n'est devenu disciple de Jésus. Il connaissait les regards, le mépris et même la haine que ses frères juifs avait pour lui. Il était traître à leurs yeux parce qu'il travaillait avec les romains, il était un collaborateur.
Ces deux groupes, les non-Juifs et les collecteurs de taxes étaient, impurs, ils étaient à éviter à tout prix. Leur simple présence était suffisante pour salir un juif.

Et c'est là la force de ce que Jésus dit. Considérer quelqu'un comme non-Juif ou comme collecteur de taxes c'est dire qu'il n'est plus de nous. Nous ne le reconnaissons plus comme un frère en Christ. Cela ne veut pas dire que nous cessons d'être bienveillant ou que nous cessons de l'aider quand il le faut mais nous devons le considérer comme quelqu'un qui n'est pas de l'église. Nous ne le fréquentons plus comme un membre de l'église.

Quand nous entendons ceci la réaction naturelle c'est de dire "Aïe, sévère!"
Pourquoi? Peut-être parce que nous voulons être considéré gentil plus que nous voulons être considéré juste. Dieu veut que nous soyons juste plus qu'il veut que nous soyons gentil parce que le péché est une offense. Dieu déteste le péché. En plus le péché est nocif dans une église. Quelque part il existe la pensée : "Hmm, lui, il est bien sorti de l'affaire... pourquoi pas moi... il semble que tout est permis..." Nous perdons de vu ce qui est acceptable au sein de l'église et il est difficile de se rattraper par après.

Comment décidons-nous si une offense est telle que nous devons aller parler avec la personne qui nous a offensé? Est-ce qu'il n'y a pas le danger que chaque petit dérangement ou chaque petite histoire devienne un grand problème, amplifié au point de perdre tout sens des proportion?

Il me semble qu'il y a quand même des choses que nous pouvons oublier, avec intégrité. Proverbes 19:11 dit "L'homme qui a de la sagesse est lent à la colère, Et il met sa gloire à oublier les offenses." Au moins que nous reconnaissons ce que nous faisons et que nous n'oublions pas l'importance du pardon. Mais que cela ne soit pas une excuse pour l'inactivité. Je crois qu'il est préférable que nous parlons, même si cela va a contre-courant de la croyance que nous devons être toujours gentil. Gentil comme un paillasson. Si nous agissons selon ce que je vous ai dit ce matin je crois que nous verrons moins de problèmes et plus d'unité dans cette église.

Il sera connu que dans l'église de Libramont nous ne permettons pas que le péché contre autrui passe sans remarque.
Il sera connu que nous sommes tous responsables de ceux que nous disons et ce que nous faisons.
Il sera connu qu'ensemble c'est notre habitude de régler les problèmes selon les principes bibliques, pour soutenir ceux qui sont offensés.
Il sera connu que dans l'église de Libramont nous essayons d'être à l'écoute - gentiment et humblement des autres.

Il est vrai que ceci demande un certain audace. La confrontation n'est pas très européen. Mais si nous avons le désir de plaire à Dieu et le désir aussi que son église soit pur c'est quelque chose sur lequel nous allons nous appliquer. Et l'Esprit-Saint - celui qui convainc le monde du péché nous dirigera.


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