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Matthieu 18:21-35

Pardonner c'est oublier?

Un jour, un pasteur était en train de parler avec quelqu'un. L'homme avec lequel il parlait disait "Je ne pardonne jamais et je n'oublie jamais". Le pasteur était un peu décontenancé. C'était une déclaration assez forte. Il fallait de la sagesse pour y répondre. Le pasteur lui dit "Monsieur, j'espère pour vous que vous ne faites jamais du mal à quelqu'un."

Ce matin nous allons parler du pardon. Il y a quelques semaines Luc de Liège est venu nous parler de ce sujet et je reprends le même passage que lui ce matin. Dans sa présidence aujourd'hui Claude a évoqué le même sujet. Pourquoi donc encore une prédication sur ce thème? En fait, il me semble qu'il y a certaines choses dont on ne peut pas trop parler. "Le pardon" est un sujet d'une grande importance pour nous tous. C'est aussi un sujet délicat, un sujet souvent mal compris. Personne ne veut y réfléchir de trop. C'est un sujet qui nous met mal à l'aise. Notre société nous enseigne que pardonner c'est être faible. Nous avons appris que si nous disons "je te pardonne" c'est comme si rien ne s'était passé. En plus, pardonner est pénible, il nous coûte quelque chose. Nous aimerions être pardonnés mais nous n'aimons pas pardonner. C'est aussi un sujet qui, après nous être disputés avec nos proches, est parfois trop attaché à nous. J'ai écrit cette prédication en 2006 et je l'ai retravaillée pour ce matin.

Lisons Matthieu 18:21-35 ensemble.

Avant d'aller plus loin j'aimerais juste dire quelque chose à propos des paraboles. Dans les paraboles de Jésus nous ne trouvons normalement qu'un thème, un sujet, même si il y a beaucoup de détails intéressants. Il y a des détails dans cette parabole que Jésus utilise pour augmenter l'impact de l'histoire ou pour la mettre dans un contexte connu de ses auditeurs. Mais, il ne faut pas essayer de construire toute une théologie sur ces détails comme ils s'en trouvent dans la parabole.
C'est possible de suivre un débat sans fin sur la signification de la femme et des enfants du serviteur, des compagnons et des bourreaux. Mais nous ne profitons pas d'un tel débat. Il est comme un pont à moitié construit - il ne va nulle part. Je ne veux pas que nous soyons distraits du thème majeur de cette parabole.

La question de Pierre

Nous commençons avec la question de Pierre "Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi?" La question de Pierre nous donne la suite de l'enseignement de Jésus sur comment résoudre les conflits entre frères.

Il faut pardonner, mais combien de fois? Les rabbins de l'époque disaient qu'il ne fallait pardonner que 3 fois. Je suppose qu'il fallait compter 1... 2... 3... et puis BAF!!!" Pierre était très généreux. Il était prêt à pardonner 7 fois - Il a doublé l'ordre des rabbins et en ajouté une de plus pour avoir une bonne mesure. Mais Jésus alors? "Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante sept fois." Il nous faut une attitude de pardon permanente envers ceux qui pèchent contre nous. Jésus lui dit, en effet, "Pierre, si tu es en train de compter, tu n'es pas en train de pardonner!"

Suite à cette réponse Jésus raconte une histoire, une parabole dans laquelle se trouvent quelques caractères importants. Il y a le Roi, le serviteur et le collègue du serviteur.

Dans la parabole le Roi représente Dieu. De ce que nous voyons des actes du Roi nous pouvons apprendre comment Dieu agit envers nous. Le serviteur c'est nous - vous et moi. Nous pouvons nous mettre à sa place, peut-être nous pouvons réfléchir à ce que nous aurions fait. Il me semble que la parabole laisse sous-entendu que nous aurions fait la même chose que le serviteur. Le collègue du serviteur qui représente les gens qui nous entourent.

La question de Pierre est posée au sujet de son frère. Nous parlons donc de l'église, de ceux qui sont nos frères et sœurs en Christ. Il est intéressant que nous parlions de l'église et aussi de la famille. Est-ce que vous vous êtes déjà rendu compte qu'il est plus difficile de pardonner à sa famille et aux gens de l'église qu'à tout le reste du monde entier! C'est parce que ceux qui nous sont proches sont souvent ceux qui sont les plus capables de nous blesser!

Plongeons alors dans l'histoire...
Le Roi veut demander des comptes à ses serviteurs. Ses serviteurs ont des dettes et le Roi exige simplement qu'ils les règlent. Voilà le mis en scène simple de la parabole de Jésus.

La bible nous dit que nous avons aussi une dette à payer. Cette dette s'appelle le péché. C'est le mal que nous avons fait aux autres et surtout à Dieu. Comme le Roi de la parabole, Dieu va demander des comptes aux peuples de la terre pour leurs péchés. Mais cela se passera dans l'avenir, au dernier jour, quand Dieu jugera ce monde. Pour ceux qui ne sont pas chrétiens et qui portent encore la dette du péché il y aura des conséquences. Romains 6:23 nous dit que la conséquence du péché, autrement dit le salaire du péché, c'est la mort. Pour ceux qui ne connaissent pas Dieu, pour ceux qui ne sont pas chrétiens, il y aura des comptes à rendre. Mais, même aujourd'hui cette dette pend au-dessus de la tête des non-croyants. Elle augmente chaque jour aussi longtemps qu'elle restera impayée.

Le serviteur devait 10.000 talents au Roi. Un talent était égal au salaire qu'un homme pouvait gagner en un an. Payer une telle dette prendrait plus que 27 ans si on ne faisait rien que payer la dette - sans manger, sans s'habiller, sans vivre on y arrivera, peut-être. Nous voyons l'énormité de la dette et la réalité que c'est impossible à payer. Et c'est cela que Jésus veut que nous comprenions. Nous pouvons essayer de payer la dette du péché nous-mêmes. Nous pouvons dire, comme le serviteur; "Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout." Et nous essayerions de le faire.
Nous pourrions faire du bien, être consciencieux au boulot, être gentils avec nos enfants et ainsi de suite... mais nous ne pouvons pas payer cette dette. Elle est trop grande, trop énorme, au-delà de ce que nous pouvons gérer. Comme le serviteur nous avons besoin de quelqu'un qui peut payer la dette que nous ne pouvons pas payer.

Par son propre choix le Roi pardonne la dette de son serviteur. J'imagine que le serviteur s'attendait à entendre des paroles de condamnation. Il s'attendait à être vendu pour payer sa dette - ce qui était normal à l'époque. Au lieu de cela il se trouve libre. Sa dette a été annulée, supprimée, effacée, pardonnée. Plus de dette.

Par son propre choix Dieu a fait en sorte que notre dette puisse être pardonnée. Il a envoyé son fils dans ce monde pour mourir afin de payer la dette du péché, dette que nous ne pouvions pas payer. Jésus a vécu une vie parfaite et Dieu a accepté le sacrifice de sa vie pour payer la dette du péché accumulée par notre vie imparfaite.
Sur la croix tous nos méfaits étaient placés sur Jésus. Il est devenu péché pour nous, même s'il n'a jamais péché lui-même. Dieu l'a jugé et il a subi la mort que nous aurions dû subir. Et, en échange, maintenant, nous pouvons avoir la vertu et la droiture de Christ placées sur nous comme notre péché a été placé sur lui. Un grand échange. Nous pouvons être déclaré justes devant Dieu! Dieu nous offre, en Jésus, quelqu'un qui peut payer la dette que nous Lui devons.

Quelqu'un qui profite de cet échange en plaçant sa foi en Jésus devient un chrétien et sa vie commence à refléter ce qui a été fait pour lui par Dieu. Mais c'est à ce point là que l'histoire s'écarte du chemin auquel nous aurions pu nous attendre.

Le serviteur a un collègue qui lui devait 100 deniers. 100 deniers égalent environ le salaire de 100 jours de travail. C'est une somme conséquente mais pas trop énorme. Cependant, le collègue ne peut pas le payer. Nous nous attendons à ce que le serviteur pardonne la dette de son collègue. Nous nous attendons à ce que le serviteur ait compassion de son collègue.
Nous nous attendons à ce que le serviteur prenne patience envers son collègue comme le roi a eu patience envers lui. Mais qu'est-ce que nous trouvons... "Il le saisit et l'étrangle, en disant 'Paie ce que tu me dois'." Il n'est pas très gentil avec son collègue, il ne pardonne pas son collègue, et, peu après, le collègue se trouve entre les mains des bourreaux "jusqu'à ce qu'il ait payé tout ce qu'il devait"

Imaginez, si vous le pouvez, une conversation, suite à une dispute. C'est peut-être de la fiction, c'est peut-être la réalité... peut-être ici, peut-être ailleurs...
"Je suis vraiment désolée... est-ce que tu peux me pardonner?
"Oui, je te pardonne". Dit-il d'une voix grincheuse.
Et elle n'est pas sûre qu'elle ait été pardonnée. Est-ce qu'il joue son jeu?
"Ça va mon chéri?"
"Oui, ça va..." Evidemment ça ne va pas de tout.
"Tu es fâché contre moi?"
"Non, ça va..."
Et cela continue jusqu'à ce qu'il rentre en lui-même et il lui pardonne pour du vrai. Il lui demande pardon pour son petit jeu.

Quand quelqu'un nous blesse il y a au moins deux façons de réagir qui sont très négatives, en gros: "T'inquiètes pas, ce n'est rien, pas de problème..." et puis nous bouillons de colère en nous-mêmes. Ou, "Non, tu es allé trop loin cette fois-ci. Je ne te pardonne plus..." et nous restons fâchés avec la personne qui nous a blessé.
Ce qui se passe c'est qu'une racine d'amertume pousse qui nous dévore. Cette racine étrangle notre joie, notre paix et notre relation avec Dieu.

Notre relation avec Dieu, parce que, si nous ne pardonnons pas aux autres Dieu ne nous pardonnera pas. "C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur." Et avec ces paroles Jésus conclut sa parabole.

C'est dur à entendre! Si je ne pardonne pas à mon frère de tout mon cœur, Dieu ne me pardonnera pas. Quand nous refusons de pardonner; nous refusons la bénédiction de Dieu. Nous ne parlons pas ici de notre salut éternel. Nous ne cessons pas d'être enfant de Dieu, il ne cesse pas de nous aimer - mais il ne nous bénit pas pendant que nous gardons rancune contre notre frère. Et nous devenons misérables!

Notre refus de pardonner montre surtout que nous n'avons pas compris combien nous avons été pardonnés. Si je ne pardonne pas les péchés des autres, c'est parce que je n'ai pas compris combien mon propre péché est grave devant Dieu et combien j'ai été pardonné moi-même. Et c'est là où se trouve le thème majeur de notre parabole. Il faut pardonner parce que nous avons été beaucoup pardonnés nous-mêmes. Nous n'avons pas le droit de garder notre amertume, notre rancune et notre colère contre notre frère parce que Dieu n'a pas gardé sa colère contre nous.
Le pardon vient de l'amour - l'amour de Dieu pour nous et puis notre amour pour les autres. C'est ceci que le serviteur n'a pas compris et il a payé cher pour son manque de compréhension.

Mais il y a quand même des questions qui se posent et je crois qu'il y en a une qui est plus pressante que les autres. Où se trouve la repentance dans cette histoire. Pour pardonner à quelqu'un il faut qu'il soit repentant - non?

Oui, c'est l'espérance. Si la personne qui nous a blessé se repent nous pouvons rétablir la relation avec elle. Nous pouvons laisser la blessure derrière et avancer ensemble - réconciliés.

Entre chrétiens ça doit être comme cela. Nous devrions reconnaître nos torts, nos erreurs, notre péché et essayer d'être réconciliés avec notre frère avant que cela n'aille trop loin. Mais, ce n'est pas toujours comme ça, même entre chrétiens et même entre membres d'une famille. Que faire? Quand la personne devant nous ne se repent pas?
Cette parabole ne mentionne pas la repentance. Elle nous donne une vague idée du sujet par rapport au cri du serviteur "Seigneur, aie patience envers moi..." Il a reconnu son tort, mais, il essaye de se sauver lui-même. C'est ainsi aussi avec son collègue - un soupçon de repentance mais il n'y pas assez d'info ici pour bâtir une doctrine de repentance. Il faut aller voir ailleurs dans la bible - parce que, sans doute l'enseignement sur la repentance existe.

Ce que nous apprenons c'est qu'il nous faut une attitude de pardon, même si nous ne voyons pas une attitude de repentance chez l'autre. De plus nous pouvons dire que si Jésus a raconté cette parabole ainsi c'est parce qu'il veut que nous nous examinions. "Pardonnerai-je à mon frère lorsqu'il péchera contre moi?" - Examinons notre attitude envers les autres.

Il y a beaucoup plus à dire encore au sujet du pardon. Je n'ai pas tout dit, je ne peux pas tout dire! Mais, nous avons ici dans cette parabole une base pour prendre la décision de pardonner quand nous avons avez été blessés. Il y a quatre choses que nous pouvons aussi dire à propos du pardon quand nous considérons ce sujet:

Je ne veux pas exiger une certaine réponse précise à ce que je vous ai dit ce matin mais il me semble qu'il est important de bien réfléchir à comment mettre cet enseignement en pratique aujourd'hui même.

Il se peut que nous soyons tellement blessé par le péché d'un autre que nous nous sentons incapables de le pardonner. En fait, depuis longtemps l'affaire train dans notre cœur mais nous n'avons jamais pardonné l'autre. C'est maintenant le moment de demander l'aide de Dieu pour vraiment leur pardonner. Demandons-lui qu'il nous donne même le désir de vouloir pardonner.

Peut-être nous gardons toujours de l'amertume ou de la colère contre quelqu'un dans notre cœur c'est maintenant le moment de confesser notre péché et, encore une fois, de demander l'aide de Dieu pour vraiment pardonner.

Si nous savons que quelqu'un a quelque chose contre nous c'est maintenant, devant Dieu, le moment de penser à être réconciliés. Prenons la résolution de mettre ces choses en ordre si cela compte vraiment pour nous.

Dans le psaume 126 se trouve ces paroles: "Ceux qui sèment avec larmes Moissonneront avec chants d'allégresse." Pardonner n'est pas facile, c'est même coûteux mais si nous sommes obéissant à la parole de Dieu et nous pardonnons ce qui nous ont offensé nous seront bénis.

Finalement, il faut dire que même pour pardonner nous avons besoin de la grâce de Dieu. Pardonner est une décision à prendre mais nous ne la prenons pas tout seul. Celui qui nous a pardonné est aussi capable de nous aider à pardonner aux autres, même quand les sentiments nous trompent et que nous voulons rester dans notre petit coin, blessés.


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