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Psaume 13:1-6

Quand je souffre

Ce matin nous allons regarder ensemble un des psaumes de David. C'est un psaume qui parle de la souffrance et le malheur. De temps en temps, souvent même, nous sommes l'auteur de notre propre malheur. Par nos décisions, par nos actions, par notre péché nous nous trouvons malheureux. Puis, conscients du péché qui nous a amenés à être si malheureux nous nous tournons vers Dieu pour recevoir son pardon et pour être restauré. Mais qu'en est-il quand nous ne sommes pas l'auteur de notre malheur? Qu'en est-il quand nous sommes victimes? Qu'en est-il quand il nous semble que la vie prend le dessus et nous en souffrons? Comment prier dans de telles situations quand tout semble sombre et morne?

Je sais bien que notre situation est souvent un melange de choses parce que la vie est compliquée! Je peux être malheureux à cause de ce que moi j'ai fait et je peux être malheureux à cause de ce que d'autres font, et je peux être malheureux simplement à cause des circonstances. Mais cela n'empeche pas que ce que nous trouvons dans le psaume de David puisse nous aider.

Lisons ensemble le Psaume 13.

Quelque chose qui est tout de suite évident, c'est que la Bible ne nous donne pas de contexte pour ce Psaume. Il n'y a pas d'histoire et pas d'explication. Nous ne connaissons simplement pas l'incident qui a conduit David à écrire ce psaume, cette prière. Nous ne pouvons que deviner ce qui s'est passé.

Mais ce qui est évident tout au début c'est que David est malheureux, misérable. Ce ne sont pas les paroles d'un homme pour lequel la vie va bien. Quels sont les sentiments de l'auteur de ce psaume? Il passe par un moment de désespoir. Un moment plus que difficile. Même plus qu'un moment... Les cieux sont fermés et il lui semble que Dieu s'est éloigné et cela depuis longtemps.
Les "pensées positives" ne sont pas suffisantes pour surmonter la douleur et la difficulté. "Comment ça va?" ne peut plus amener la réponse "Oui, ça va bien merci..." Bien qu'une personne bien précise, à un moment précis, pour des raisons précises a écrit cette prière c'est une prière qui résonne aussi dans notre cœur.

"Jusqu'à quand, Éternel! m'oublieras-tu sans cesse? Jusqu'à quand me cacheras-tu ta face?" David crie vers Dieu. Quand nous lisons un tel psaume dans l'église nous ne nous rendons pas compte peut-être de la puissance de son cri. Nous avons la tendance de le lire tout gentiment. Mais je crois que David l'aurait certainement hurlé. Est-il en colère? Sont ses questions même légitimes? Quelle est la différence entre plainte, accusation et question? Nous ne connaissons pas le cœur de David. Etait-il frustré? Fatigué? Désespéré?

Jusqu'à quand, Éternel! m'oublieras-tu sans cesse?

Il semble à David que Dieu l'a oublié. Dieu n'est plus intéressé. Il a d'autres choses à faire. Il s'occupe d'autres personnes. Quand David prie c'est comme s'il entrait en relation avec un répondeur. "Vous-êtes bien chez Dieu au ciel. Je suis momentanément absent. Si vous désirez laisser un message faites-le après le bip. Merci pour votre appel." Dans le passé tout allait bien mais qu'est-ce qui se passe maintenant? Et David crie "Dieu, où es-tu?"

Jusqu' à quand me cacheras-tu ta face?

Cette question est encore plus douloureuse. Qu'on puisse voir la face de quelqu'un veut dire que la relation est bonne; c'est un signe de faveur et d'amitié. Une des plus grandes bénédictions de l'Ancien Testament se trouve dans Nombre 6:24 à 26, j'aime bien la lire de temps en temps à la fin d'un culte: "Que l'Éternel te bénisse, et qu'il te garde! Que l'Éternel fasse luire sa face sur toi, et qu'il t'accorde sa grâce! Que l'Éternel tourne sa face vers toi, et qu'il te donne la paix!" Dire que Dieu se cache la face c'est dire que Dieu ne bénit plus. La bénédiction n'est plus là, elle n'est plus disponible, ni donnée. David pose une question: "Dieu, es-tu en colère?"

Au milieu de sa détresse ce sont les sentiments de David. Ses sentiments par rapport à Dieu. Et c'est grave pour lui. Le prophète Esaïe écrirait quelques centaines d'années plus tard ces paroles: "Sion disait: L'Éternel m'abandonne, Le Seigneur m'oublie! - Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles? Quand elle l'oublierait, Moi je ne t'oublierai point. Voici, je t'ai gravé sur mes mains. Tes murs sont toujours devant mes yeux."

Nous, qui connaissons ces paroles, aimerions tant pouvoir les dires à David et lui dire "Dieu ne t'abandonnera jamais David..." C'est la vérité, c'est même un encouragement incroyable. Mais dans la détresse, la vérité ne pénètre pas toujours facilement au cœur. Et les questions de David continuent.

Jusqu'à quand aurai-je des soucis dans mon âme, et chaque jour des chagrins dans mon cœur?

Premièrement il y avait des questions à propos de Dieu. Maintenant David pose des questions à propos de lui-même. Les choses qu'il ressent.

Les effets d'une situation difficile ne sont pas limités à "comment nous pensons à Dieu". Ils touchent à la profondeur de notre être. David parle de "soucis dans mon âme". Quand nous nous trouvons dans une situation difficile, elle tourne en permanence dans nos pensées. Nous nous levons et nous pensons à ce qui se passe. Nous nous couchons et nous pensons à ce qui se passe. Nous prenons notre douche et nous pensons à ce qui se passe. Nous faisons nos courses et nous pensons à ce qui se passe. Nous mangeons et nous pensons à ce qui se passe. Vous avez l'idée, non?

Ce que dit David veut dire qu'il lutte contre ce qui se passe dans ça tête, il lutte contre ses pensées négatives. C'est une véritable bataille de tracas. Il se soucie de ce qui se passe dans sa vie spirituelle, sa relation avec Dieu. Et il se soucie aussi de sa situation désespérante.
A ce point, il ne sert à rien de lui dire "Il faut que tu te ressaisisses David!" Les soucis vont partir quand le problème sera résolu ou que l'optique de David sur ses problèmes sera changée.

Je crois que si David était dans notre église aujourd'hui nous dirions qu'il faite une grosse dépressions, il déprimé fort. Nous n'allons pas partir dans un grand discours sur la dépression mais je crois qu'il est important de dire qu'être déprimé n'est pas un péché, ni un signe de faiblesse, ni un échec. Et ce psaume offre de l'encouragement pour ceux qui sont déprimés aussi bien que ceux qui sont tombé dans un moment difficile sans connaître la dépression.

Jusqu'à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi?

Les questions de David ne s'arrêtent pas aux choses spirituelles ou même émotionnelles. Il y est toujours question de sa situation. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, nous ne connaissons pas le contexte de ce psaume. Mais ici David parle de son ennemi. Fait-il référence au roi Saül? C'est possible. La Bible nous dit que Saül est devenu l'ennemi de David. Selon 1 Samuel 18:29 "Saül craignit de plus en plus David, et il fut toute sa vie son ennemi." David n'avait rien fait contre Saül. La haine de Saül n'était pas méritée. Ce qui nous rappelle le fait que les difficultés de la vie ne sont pas toujours de notre propre faute. Il y a parfois un ennemi qui s'élève contre nous. Et il peut nous sembler que cet ennemi prend le dessus.

On dit des anglais qu'ils sont toujours très flegmatiques. Ils gardent toujours la "lèvre supérieure rigide." comme le dit Jolitorax, un des personnages dans "Asterix chez les Bretons".

Mais ce n'est pas seulement les anglais qui le font. Il est très possible d'avoir une lèvre supérieure spirituelle rigide. C'est une attitude qui dit que crier vers Dieu, c'est admettre l'échec et être faible - tout doit aller bien. Après tout, "Je suis chrétien!!!" Oui, si nos questions deviennent des plaintes contre Dieu, nous sommes en danger. La foi peut devenir l'incrédulité. Mais crier vers Dieu dans notre détresse n'est pas forcement une mauvaise chose. Dieu permet, même demande, que nous soyons honnêtes avec lui. Dans notre prière nous pouvons lui parler franchement de ce qui se passe dans notre vie et comment nous le ressentons. Nous pouvons lui dire nos pensées les plus horribles, les plus désespérées sans qu'il nous rejette.

Il me semble qu'il faut reconnaître que David pose des questions sans réponse. Son psaume reconnaît qu'il n'y a pas toujours une réponse à des questions difficiles de la vie. Le plan entier de Dieu pour notre vie n'est jamais dévoilé. Nous ne saurons pas toujours pourquoi le malheur nous arrive. Que fait alors David? Est-ce qu'il abandonne Dieu parce qu'il à peur d'être lui-même déjà abandonné? C'est là que se trouve la tentation immédiate quand la difficulté arrive et qu'il nous semble que Dieu n'est plus présent dans notre vie. C'est la tentation d'abandonner sa foi parce que les sentiments ne disent plus que tout va bien. Les sentiments à de tels moments sont souvent très forts, la peur et les doutes nous assaillent, mais les sentiments peuvent aussi être trompeurs. Je dis cela non pas pour nier la place de nos sentiments mais pour que nous soyons certains que nos sentiments soient à la bonne place. Soumis à la foi... l'attitude que nous trouvons par la suite chez David, l'attitude qui veut voir au-delà des circonstances pour s'accrocher à Dieu.

Ses sentiments disent "David, tu te rends compte combien ta vie est terrible? Dieu t'abandonne, tu meurs d'inquiétude... faut plus espérer hein?..." Mais David persévère, il ne lâche pas. "Regarde, réponds-moi, Éternel, mon Dieu!" Un signe de foi, un changement de direction dans ce qu'il écrit. Pourquoi demander si vous ne croyez pas qu'une réponse soit possible? Il n'abandonne pas. Au fond il y a un reste de foi dans son cœur. Dieu est toujours son Dieu même si la relation semble bizarre et incompréhensible pour le moment. Dieu est toujours son Dieu même si David est inquiet par sa situation courante.

Malgré ce que suggèrent ses questions il continue de croire en Dieu. Oui, il semble que Dieu est loin mais la seule réponse que David désire c'est la réponse de Dieu. C'est la seule réponse satisfaisante. David veut que la face détournée de Dieu se tourne de nouveau vers lui. Il veut que Dieu réponde, qu'il se souvienne de lui. Peu après son cri résonne "Donne à mes yeux la clarté." Bien sur que David voudrait trouver une solution à ses problèmes, une sortie de secours dans la difficulté mais il demande la clarté. Il cherche une nouvelle révélation de Dieu, une compréhension fraîche du caractère de Dieu, comment Dieu agit dans sa vie. Pour David il est important que sa foi reste ferme.

Et puis David dit quelque chose que nous trouvions troublant peut-être: "Afin que je ne m'endorme pas du sommeil de la mort." Il me semble que David dit simplement qu'il n’en peut plus. Le poids des difficultés, la charge de se sentir abandonné est trop lourde. Il est fatigué par la vie. Si Dieu ne vient pas à son secours, il vaut mieux mourir. David ne pense pas au suicide. Il ne veut pas mettre fin à sa vie mais il a peur que la mort soit la conséquence de sa misère.

Je crois que David exprime un sentiment qui est quand même commun, et cela même parmi des chrétiens, dans les moments difficiles, durs et incompréhensibles de la vie. C'est le sentiment que la seule issue, c'est la mort. Aussi horrible, aussi terrible que cela soit, c'est la seule fin que nous pouvons imaginer parce que nous ne pouvons plus supporter ce qui nous arrive et nous croyons que les choses ne vont plus jamais aller mieux.

Est-ce qu'il y a de l'espoir? Oui, dans la tempête des sentiments qui nous viennent quand nous sommes face à la difficulté, il est possible d'avoir une ancre, il est possible d'être solidement accroché à Dieu.

Mais comment? L'ancre c'est notre foi, notre foi en Dieu. Dans le verset 6 nous trouvons chez David le changement d'optique que j'ai mentionné tout à l'heure. Il n'a pas de solution à ses problèmes. La difficulté n'est pas partie. Mais David lève les yeux vers Dieu. "Moi, j'ai confiance en ta bonté," Mieux dit, j'ai mis ma confiance en ta bonté, ta fidélité. C'est fait et c'est certain. Il ne reste que la déclaration. David sait que Dieu est bon. Il a déjà expérimenté la bonté de Dieu dans sa vie. Il se souvient du passé et cela lui donne de l'espoir pour l'avenir. Sa foi devient active. C'est un acte de volonté, en opposition même à ses sentiments.

Nous ne voulons pas vivre perdus dans le passé, croyant que la vie était rose. Elle ne l'était pas toujours. Mais se souvenir de ce que Dieu a fait pour nous dans le passé nous fait, simplement de bien, il nous rappelle que Dieu a agit dans notre vie et il nous donne confiance qu'il agira encore dans notre vie.

J'ai de l'allégresse dans le cœur, à cause de ton salut

La foi encourage la joie. Quand David considère la bonté et la fidélité de Dieu la joie monte dans son cœur. Qu'il lève les yeux veut dire qu'il peut voir clair et quand il regarde il voit le salut merveilleux de Dieu. "Je chante à l'Eternel car il m'a fait du bien." La foi encourage la joie et la joie s'exprime, pour David, dans le chant. Encore une fois il se souvient du passé et il rend grâce à Dieu pour ses bienfaits.

Il y a une progression dans ce psaume de David. Il commence par des questions puis il demande du secours, ce qui fait monter sa foi et pour finir il met sa foi en action dans la reconnaissance. Ses problèmes sont-ils finis? Non, probablement pas. Mais il tourne les yeux vers Dieu est il commence à voir sa situation autrement.

Il me semble que nous devons être prudents quand nous parlons de difficultés dans la vie chrétienne. C'est un simple fait que les difficultés arrivent. Il n'y a pas de promesse dans la bible que, en devenant chrétien, nous allons vivre une vie sans problème, sans difficultés, sans peines. Parfois la vie s'empire même. Mais il faut reconnaître aussi que la bible nous encourage à chercher à mettre notre foi, notre confiance en Dieu et non pas à nous vautrer dans notre misère. C'est un équilibre difficile à atteindre et à tenir. C'est pourquoi la bible nous encourage aussi de "Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ." Galates 6:2 et de " Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent." Romains 12:15. C'est dans la famille de Dieu que nous trouvons souvent le secours de Dieu. Et il faut que nous regardions autour de nous dans l'église pour voir qui a besoin de notre aide, notre soutien. Ils ne le disent pas toujours. Il nous faut un peu d'audace, beaucoup de discernement et un coeur qui ne juge pas.

Un chrétien ne peut pas nier qu'il rencontre des difficultés dans sa vie. Agir ainsi c'est de la folie, c'est même un mensonge. Nous serions stupides de présenter l'église comme étant "sans difficultés" - Ceux de l'extérieur vont se demander si nous ne sommes pas déments et aveugles! Ils vont dire que nous vivons dans un pays de cocagne. Au-delà de la réalité.

Ce que nous offrons c'est de l'espoir dans la misère. Et le plus grand espoir que nous offrons c'est la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ. Le salut que David préfigure dans son psaume. Le pardon du péché et la vie éternelle. Le salut qui met en perspective le trouble que nous subissons ici bas.
La promesse qu'un jour, avec Dieu, dans son royaume, "il essuiera toute larme de (nos) yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu."

Ce n'est pas mauvais de vouloir voir ce jour venir - que nous souffrons ou non. C'est notre espoir et notre destin. L'Apôtre Jean, à la fin du livre de l'Apocalypse dit "Celui qui atteste ces choses (c'est à dire Jésus) dit: Oui, je viens bientôt. Amen! Viens, Seigneur Jésus!"

Amen! Viens, Seigneur Jésus!


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